L’intelligence

I-                Introduction:

La pensée humaine est animée par l’intelligence. Cette dernière  fut considérée pas la psychologie classique comme le facteur déterminant dans l’adaptation et la fonction responsable de nos jugements et  de nos choix. L’intelligence est l’aptitude à comprendre, à relier les éléments d’une situation et à choisir des éléments et des relations utiles. Elle est la manière propre chez certains vivants de résoudre de façon perspicace et adaptée les problèmes que leur pose la vie.

Problématique:

Quelle est alors la modalité qui caractérise en propre l’intelligence? Et quelles sont les différences entre instinct et intelligence?

II-           L’Instinct:

L’instinct est une impulsion interne orientée avec un but spécifique concret. Il se manifeste comme un savoir-faire inné qui permet aux animaux de s’adapter et de survivre. Cet instinct est à la fois inné, aveugle, rigide et spécialisé.

a-    L’instinct est inné : le savoir-faire apparaît progressivement mais sans imitation et ni apprentissage.

b-    L’instinct est aveugle : l’animal est absolument inconscient du but vers lequel tend le comportement instinctif, l’abeille n’arrive pas à sortir d’une bouteille dont le goulot est à l’ombre et le fond est exposé à la lumière. Voltaire  disait : « hors de la ruche, l’abeille n’est qu’une mouche ».

c-     L’instinct est rigide : l’instinct ne se modifie et ne progresse, ni au niveau de l’histoire de l’espèce animale, ni au niveau de la vie d’un animal particulier : les abeilles d’aujourd’hui construisent leurs cellules hexagonales de la même manière depuis toujours.

d-    L’instinct est spécialisé : il oriente certains comportements de l’animal afin d’accomplir certaines tâches particulières, par exemple : l’oiseau construit son nid, l’abeille construit ses cellules.

III-           L’intelligence animale : (fonction d’adaptation)

Cependant, certains animaux supérieurs comme les singes ou les chiens ont la capacité de dépasser par leurs comportements, les prédispositions instinctives. Les expériences de Köhler ont prouvé qu’ils ont une certaine forme d’intelligence limitée.

Les expériences de  Köhler  qui ont été faites sur les singes, ont consisté à tester la capacité de ces animaux supérieurs, à faire un détour comme « moyen » pour atteindre une « fin » représentée par une nourriture quelconque. Si le singe réussit l’épreuve, il fera preuve d’adaptation à une situation nouvelle et donc, preuve d’une conduite intelligente.

 Une des expériences portait sur l’emploi d’un bâton déposé dans la cage grillagée d’un chimpanzé. Celui-ci doit le manipuler et s’en servir comme un instrument (moyen) pour saisir un appât ( banane) placé en dehors de la cage (fin). Le  chimpanzé réussit l’épreuve.

En conclusion, à partir de cette expérience et d’autres semblables, nous pouvons dégager les propriétés suivantes de l’intelligence animale.

-         Cette intelligence est intuitive : l’animal réagit dans l’immédiat. Il passe directement à un comportement non réfléchi et non suivi par une généralisation possible de la solution.(abstraction)

-         Cette intelligence est concrète : elle est soumise à sa perception présente. Elle n’agit que si les éléments de la situation sont concrets et visibles ensemble et en même temps dans son champ perceptif.

-         Cette intelligence diffère de l’instinct, mais elle en reste étroitement prisonnière. Elle est toujours dépendante des tendances et des techniques instinctives de l’animale.

 

IV-       L’intelligence humaine :

L’intelligence oriente l’action de l’homme et sa pensée. Donc, elle se manifeste sous deux formes distinctes : l’intelligence pratique et l’intelligence théorique ou conceptuelle.

A-  L’intelligence pratique : (fonction d’adaptation)

C’est l’intelligence orientée vers l’action. Elle est le moyen d’adaptation de l’homme à son milieu qu’il maîtrise par la technique et le travail. L’adaptation se manifeste comme l’ajustement du comportement d’un être vivant d’une manière qui tend à satisfaire ses besoins en fonction des données du milieu. L’intelligence se construit par un incessant ajustement entre les schèmes antérieurs déjà formés et les éléments d’une expérience nouvelle. D’après  Bergson, l’intelligence est toujours pratique, c’est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils et d’en varier indéfiniment la fabrication. L’invention et la fabrication de ces moyens techniques ont permis à l’homme de devenir « maître et possesseur de la nature » (Descartes). Grâce à cette intelligence, l’homme construit sa maison de matériaux naturels pour se protéger contre la nature. Il fabrique des moyens de transport pour se déplacer.

Mais cette intelligence humaine, si pratique et technique qu’on la conçoive, ne peut se développer qu’autant qu’elle est désintéressée : par exemple, l’art de varier les techniques (utiliser diverses matières, améliorer la forme de l’instrument) implique une capacité de l’intelligence pratique de réfléchir sur ses procédés; capacité qui n’est plus pratique mais théorique ou symbolique, car elle est conditionnée par le langage, les connaissances et la capacité de représentation du temps passé et futur.

Donc, même orientée vers l’action, l’intelligence humaine ne saurait être dite simplement pratique comme celle de l’animal, mais toujours à quelques degré théorique. Ainsi le mécanicien comprend au sein-même de son travail le plus pratique, que la voiture ne roule plus parce que « la batterie est à plat ». Comprendre par « raisons » ou causes est le propre de l’homme.

 

B- L’intelligence conceptuelle (ou théorique):

C’est l’intelligence orientée vers la connaissance abstraite ou rationnelle. Elle est dans son essence symbolique : elle ne relie pas simplement des choses entre elles au niveau immédiat d’une perception, mais des signes entre eux, signes qui transmettent des idées ou concepts. Donc cette intelligence est conditionnée par le langage, qui est le véhicule de la culture. La maîtrise du langage permet à l’intelligence de s’orienter vers la connaissance abstraite ou rationnelle, tout en procédant par la compréhension. Cette dernière, fonctionne  par l’unification rationnelle des données réelles sous forme de concept ou idées générales et par leur explication selon des lois ou des principes, dont la conception nécessite le recours, non seulement à l’intuition mais aussi aux différentes  formes de la pensée logique (comme le raisonnement déductif et inductif), ainsi que les procédés d’analyse et de la synthèse.

De même, cette intelligence prédispose notre pensée à développer notre connaissance par l’invention qui s’actualise sous forme de création artistique, de perfectionnements techniques, ou de progrès scientifiques.

Donc, l’intelligence conceptuelle est la condition essentielle de notre connaissance ou de notre interprétation du monde.

 

V-            Conclusion:

L’intelligence proprement dite se définit par sa capacité de saisir des rapports. Être intelligent, c’est être capable de réfléchir et de comprendre. L’intelligence  exprime la puissance de l’esprit en face de la réalité concrète. Être intelligent c’est investir toutes les données héréditaires, psychologiques, sociales pour une meilleure adaptation. L’intelligence seule dispose du pouvoir de dissiper l’obscurité et de résoudre les contradictions.

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