Les Sciences Sociales

Introduction

Le mot science renvoie généralement aux sciences de la nature qui ont pour objet le monde extérieur. Or il existe d’autres sciences qui ont pour objet l’homme, en tant qu’être intelligent et libre. Parmi les sciences humaines les plus connues on peut citer la psychologie, la sociologie et l’histoire.

A la  différence de l’histoire qui est très vieille, la sociologie est relativement récente. C’est au XIX siècle qu’elle a revêtu les caractéristiques d’une discipline scientifique. Auguste Comte et  Durkheim fixèrent l’objet, la méthode et le rôle de cette science.

On peut définir la sociologie comme étant la science des faits sociaux et de leurs lois, des structures des institutions et de la vie collective.

I.                 L’objet de la Sociologie :

Se voulant une science exacte comme le sont la physique et la chimie, par exemple, la sociologie ne pouvait à l’instar de ces sciences qu’opérer sur des objets. Mais où trouver ces faits et en quoi consistent-ils ?

1-    Le fait social est collectif : le fait social est une manière d’agir, de sentir, de croire commune à un groupe d’individus et extérieure à eux ; elle les dépasse dans le temps et dans l’espace. Chaque être humain se trouve enveloppé dès sa naissance, par un ensemble de croyances, des règles, de mœurs qui appartiennent à la collectivité dans laquelle il vit. Durkheim écrit : « les croyances et les pratiques de la vie religieuse, le fidèle les a trouvées toutes faites en naissant… ». Le milieu social informe l’être humain. La conscience collective n’est pas la somme des consciences individuelles, elle est plutôt une combinaison, une fusion, un produit des ces consciences.

2-    Le fait social est coercitif : le fait social est donc source de contrainte. La société surveille et sanctionne la conduite des individus. « Si je ne me soumets pas aux conventions, écrit Durkheim, si en m’habillant, je ne tiens pas compte des usages suivis dans mon pays et dans ma classe, le rire que je provoque, l’éloignement où l’on me tient, produisent, quoique d’une manière plus atténuée, les mêmes effets qu’une peine proprement dite ».

II.            Théorie de Durkheim :

La sociologie est la « science expérimentale des faits sociaux ». Sa première règle de méthode est qu’elle doit partir de l’observation directe ou indirecte de la réalité sociale, et même d’une certaine expérience sociale, qui peut prendre des formes multiples (enquête sociale, action syndicale…).

Les faits sociaux doivent être considérés comme des choses. Tel est le principe fondamental de la sociologie de Durkheim. Cette affirmation n’implique aucune signification matérialiste ; elle veut dire simplement que la sociologie doit prendre, face à la réalité sociale, une attitude d’objectivité analogue à celle de n’importe quelle science quand elle aborde une région encore inexplorée de son domaine : « est chose, expliquait Durkheim, tout objet  de connaissance qui n’est pas naturellement compénétrable à l’intelligence, tout ce dont nous ne pouvons nous faire une notion adéquate par un simple procédé d’analyse mentale ». Ce principe signifie plus précisément qu’il faut considérer les faits sociaux de l’extérieur. Mais les considérer de l’extérieur n’est pas les connaître. Pour connaître les faits sociaux il convient de les considérer sous leurs aspects extérieurement observables et indépendants des manifestations individuelles.

Si les faits sociaux sont des choses et si l’expérimentation directe de ces faits n’est guère praticable, on peut la remplacer par la méthode statistique qui s’avère être la méthode sociologique par excellence.

1-    La statistique :

La statistique est tout d’abord une description numérique des faits destinée à dégager les lois qui les régissent. Pour qu’il y ait statistique, il faut d’abord qu’il y ait ensemble, des faits de masse ou de groupe, et que cet ensemble présente une certaine réalité en tant qu’ensemble. Tout comptage, même d’un grand nombre d’unités ou de cas… n’est pas une statistique. L’établissement d’une statistique doit être précédé de la détermination du fait : si je veux faire une statistique du suicide, il faut d’abord que je définisse le suicide.

Pour étudier un fait social, il faut que le staticien soit déjà quelque peu un sociologue. Etudiant un fait social tel que le suicide, Durkheim découvre le rapport de pourcentage des suicidés avec l’état civil, la religion, le genre de vie…

La sociologie utilise d’autres méthodes comme les recherches de laboratoire, la sociométrie, les recherches sur le terrain qui se divisent en : enquête sociologique, sondage d’opinion, étude de cas…

III.        Critique de Durkheim : (Théorie de Monerot)

Le rationalisme durkheimien est de nos jours battu en brèche. Jules Monerot, s’inspirant de la distinction entre expliquer et comprendre élaborée par Dilthey, objecte à Durkheim : « les faits sociaux ne sont pas des choses ». Il faut comprendre les données sociologiques. En Sociologie comme en Histoire et en Psychologie, l’objectivité telle qu’elle est recommandée en sciences expérimentales, est insuffisante. Un effort de subjectivité particulière est nécessaire, il s’agit de « comprendre » par le dedans si l’on veut saisir la signification vécue des manifestations d’une conscience collective. Une sociologie scientifique est donc à la fois compréhensive (parce qu’elle met à jour des significations) et explicative (parce que les significations qu’elle découvre échappent aux participants de phénomènes sociaux). La sociologie marxiste répond en principe à ce programme. Gaston Bouthoul écrit : « on pourrait dire que le postulat de toutes les sciences de l’homme est, qu’il existe derrière la motivation subjective qu’exprime et à laquelle  croit le sujet qui agit, une autre explication objective et une autre causalité véritable qui peuvent être dégagées grâce à des méthodes appropriées. C’est le fondement de toutes les méthodes de la psychologie et de la psychanalyse et de la sociologie : chercher l’explication et la causalité des phénomènes derrière leurs motivations apparentes et le plus souvent illusoires ».

"Précis de philosophie"(Adapté)

Make a free website with Yola